Adaptations pédagogiques spécifiques

 

Graphisme, motricité fine et apprentissage de l’écriture à l’école pré-élémentaire

 

En maternelle, les dessins des enfants dyspraxiques sont nettement moins bien réalisées que ceux des autres enfants. Peu d'éléments sont présents sur la feuille, l’espace est mal géré, les traits sont mal raccordés. La production ressemble peu à ce qu'a voulu dessiner l’enfant. Les jeunes dyspraxiques ont de grandes difficultés à réaliser les figures typiques comme le cercle, le carré, le triangle au même âge que les autres enfants. Ils utilisent les outils usuels de la classe comme une gomme, une règle, des ciseaux de manière laborieuse. Tout ce qui relève du collage, que ce soit avec du papier et de la colle ou même avec des gommettes est difficile.

En ce qui concerne l'écriture, la qualité du graphisme est mauvaise, les mots sont souvent illisibles. L'écriture du prénom pose problème, notamment en écriture cursive. Globalement ce qui relève de l'écrit est souillé, raturé, griffonné. L'écriture cursive, qui est particulièrement complexe, leur est d'un accès difficile. Certains préfèrent écrire en lettres d’imprimerie, tant il est très ardu pour eux d'écrire les lettres, les mots une seule fois, sans se reprendre, avec un geste fluide. Ces difficultés ont pour conséquence une grande fatigabilité lors de l'écriture. Cette concentration sur le geste graphique entraîne une moindre intention aux autres aspects de l'écriture, ce qui peut mener à l'oubli de lettres et à de nombreuses fautes d'orthographe. L'organisation de l'écrit dans l’espace de la feuille est difficile.

Plus globalement, ces enfants ont des problèmes au niveau de la gestion de l'espace, qu’il soit en deux ou en trois dimensions.

 


 

Lecture et écriture

 

 

Pour l'apprentissage de la lecture :


- Il est bon de décrire et de mémoriser la forme des lettres pour éviter de confondre celles qui visuellement se ressemblent.

- Il est préférable de passer par l'auditif plutôt que par le visuel. Pour passer du visuel à l'auditif, il peut être envisagé d’épeler des mots afin de retenir l'orthographe. Les exercices sollicitant la conscience phonologique seront particulièrement employés.

- Au niveau des textes, des repères comme le feu vert en début de ligne et le feu rouge à la fin de lignes seront mis en place. Un guide ou un cache de lecture pourra également être utilisé pour certains élèves.

 


En ce qui concerne l'écriture :


Les exigences seront élaborées à partir des possibilités de l'enfant. Une importance particulière sera accordée à la qualité de l'outil scripteur et du papier. On évitera ainsi un stylo qui accroche et on préférera un outil qui permet une plus grande aisance dans l'écriture. Si la dyspraxie est vraiment sévère, on peut partiellement utiliser la dictée à l’adulte.

L'enseignant doit être conscient qu'un effort soutenu est nécessaire à l'élève pour écrire, d'où dans ces moments-là une exigence modérée sur d'autres critères comme l'orthographe.

 

 

 

Education physique et sportive

 

Il est difficile au jeune dyspraxique d’imiter un geste complexe. Les troubles praxiques engendrent des difficultés dans tous les déplacements et préhensions d’objets. Les problèmes au niveau de la poursuite oculaire ne permettent pas à l’enfant avec une dyspraxie visuo-spatiale de suivre du regard correctement un objet comme un ballon, et de se placer de manière satisfaisante sur un terrain. Il conviendra alors d’adapter l’enseignement : par exemple en accordant un temps supplémentaire ; par exemple encore en décomposant, pour mieux les appréhender et les apprendre, les différentes actions requises en proposant des tâches successives (par exemple s’exercer à cibler le ballon, puis se positionner dans l’espace de manière adaptée, etc.)

Cependant l’enfant dyspraxique peut se révéler plus adroit dans certains gestes que dans d’autres. On s’attachera à sélectionner un certain nombre d’activités en privilégiant celles dans lesquelles la maladresse n’est pas trop grande. Une activité de danse, dans laquelle le jeune peut tenter de reproduire un mouvement, sans qu’il y ait une trop grande insistance à exécuter le mouvement exact, pourra par exemple être source de réussite.


Pour l’élève qui a une dyspraxie visuo-spatiale, on adaptera l’environnement de façon à ne pas multiplier les informations visuelles. Une attention sera portée aux couleurs qui devront être très tranchées, par exemple celles des maillots, pour éviter des confusions. La grande vitesse des objets, comme les ballons dans les sports collectifs, seront source de difficulté. Remplacés par des foulards, ils donneront à l’enfant le temps nécessaire pour le regard et la préhension. On permettra à l’élève dyspraxique de s’affranchir de certaines règles du jeu si elles le mettent trop en difficulté. On pourra l’inciter par ailleurs à prendre conscience de son corps et de ses actions, puis de les verbaliser.

Le rôle de l’enseignant pour accompagner le jeune dans l’élaboration de stratégies corporelles afin de réussir une action sera primordial. On essaiera, pour une action à réaliser, plusieurs gestes possibles et on évaluera avec l’enfant lequel lui convient le mieux. Des stratégies plus complexes seront également élaborées avec lui, toujours en lui demandant de les verbaliser avant l’action.

 

 

 

Mathématiques

 

 

L'enfant qui a une dyspraxie connaîtra probablement des difficultés particulières en mathématiques et devra être particulièrement bien accompagné dans cette discipline.

 


En ce qui concerne les premiers apprentissages comme le dénombrement, il faut permettre à l'élève, s'il est en possession d'objets concrets, de les déplacer pour les mettre dans une configuration favorisant le dénombrement. Si les éléments sont dessinés sur une feuille, on peut l'autoriser à barrer ou colorier les éléments déjà comptés. Si le dénombrement n'est pas l'objectif principal de la séance, il sera réalisé par l'intermédiaire d'un autre enfant ou du maître, laissant l'enfant dyspraxique disponible pour l'objectif général de l'activité.

Un travail régulier sera mené à partir de la frise numérique, cette dernière devant être particulièrement visible dans l’espace de la classe.


Plus tard dans la scolarité, en ce qui concerne les tableaux de numération ou la pose des opérations, on choisira un code couleur, ce dernier devant être le même dans toute l'école ou l'établissement pour éviter les confusions d'une année à l'autre. Si l’on ne va pas privilégier la pose d'opérations car elle est particulièrement difficile pour l’élève, on pourra néanmoins utiliser des logiciels spécifiques (par exemple POSOP).

À la place, un travail important peut être mené autour du calcul mental et de la mémorisation des faits numériques. Une dextérité dans le calcul mental évitera, en tout cas pour des nombres pas trop importants, l'utilisation des opérations posées. Il est inutile de demander la réalisation d’opérations faites à la main si l'objectif ne porte pas spécifiquement sur la technique opératoire ; on autorisera ainsi l’élève à utiliser la calculatrice.


En ce qui concerne la géométrie, les outils usuels (règles, équerre, compas,...) peuvent être adaptés avec l'aide de l'ergothérapeute. On pourra aussi employer des logiciels informatiques spécifiques pour le tracé de figures comme la Trousse Géo-tracé (TGT). Dans une optique différente, l'utilisation d'un logiciel de géométrie dynamique permettra à l'élève de réaliser un travail sur les propriétés des figures, le tracé se faisant automatiquement par l'ordinateur une fois les propriétés indiquées par l'utilisateur.

Référence : http://www.integrascol.fr/fichepedago.php?id=58

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